| 24 novembre
C'est le grand départ. Nous avons deux étapes importantes à franchir soit primo, traverser rapidement les États-Unis et secundo, se rendre à San Cristobla de las Casas au Mexique étant ainsi pas très loin de la frontière guatémaltèque.
Conduire sur les routes étatsuniennes est un charme, car les routes sont toujours belles ; bien sûr, il y a beaucoup de circulation et des milliers de camions roulent à tombeau ouvert. Les services de toutes sortes sont échelonnés à presque chaque sortie d'autoroute.
1 er décembre
Le circuit emprunté au Mexique reste intéressant malgré un tronçon entre Tampico et Tuxpan qui commande d'importantes réparations. Circuler demande toujours beaucoup d'attention, car l'étroitesse des routes, l'absence d'accotement, les topes, des véhicules d'un autre âge qui circulent très lentement ou qui sont en panne, des animaux qui traversent, enfin bref, vigilance. Lorsque nous quittons la côte pour aller à l'intérieur, alors là, c'est la montagne qui grimpe avec les milliers de courbes, les montées, les descentes, les villages, les topes, les camions poussifs, enfin bref, vigilance et patience. On peut estimer la vitesse moyenne à 50 km/hre alors que sur les autoroutes, on peut rouler à la vitesse permise soit 100km/hre (et un peu plus).
Après avoir passé notre première nuit à Ciudad Victoria sur un camping bien aménagé et un accueil chaleureux, nous nous dirigeons vers la Costa Esmeralda pour quelques jours. À Tampico, avant de frapper notre fameux tronçon de 200 kilomètres, et bien sûr après une erreur d'itinéraire de quelques kilomètres, nous avons fait connaissance avec quatre policiers qui voulaient un refresco, un rafraîchissement. On nous a soulagés de 10 pesos, c'est bien peu environ 1$ CDN, mais c'est choquant d'autant plus qu'en trois ans, c'était la première fois. Enfin, espérons que c'est une pratique très localisée en déclin.
6 décembre
Ayant retrouvé le camping Neptuno en très bon état, nous avons pu nous reposer de nos 4 800 kilomètres déjà parcourus. La côte du golfe du Mexique est moins courue par les touristes canadiens et américains, car c'est plus pluvieux. Ce fut un nouveau départ, cette fois pour Oaxaca. La route jusqu'à Vera Cruz est sans problème et par la suite c'est l'auroute. Bien contents, car nous avons louvoyé vers Cordoba et Orizaba jusqu'à 2 578 m d'altitude et ce, pendant une cinquantaine de kilomètres. Le reste se faisant très bien connaissant cette portion d'autoroute et la ville d'Oaxaca où il nous fut facile d'accéder au terrain de camping.
9 décembre
Deux jours de route et nous voilà rendus à San Cristóbal de las Casas. Pour y arriver, nous avons emprunté la route 190 d'Oaxaca à Santo Domingo Tehuantepec, de loin la plus belle par rapport à la 175 et à la 125. La route 190 généralement bien pavée nous fait voir de très beaux panoramas de montagnes, tout ça pour dire qu'elle est sinueuse avec une dénivellation de 1 500 m au niveau de la mer. Et de Tuxtla Gutiérrez, toujours sur la route 190, c'est sans histoire jusqu'à San Cristóbal alors que la dénivellation via l'autoroute passe de 525 m à 2 150 m sur environ 70 kilomètres.
Cet arrêt de 4 jours nous permet de nous reposer, de revoir l'itinéraire pour l'Amérique centrale, de vérifier le taux de change pour la monnaie de chaque pays que nous traverserons, de vérifier nos papiers et finalement faire ajuster la pédale de freins qui me semble trop basse. Surprise ! Le mécanicien essaie dans un premier temps de faire cet ajustement, mais impossible. Il doit donc enlever une roue arrière pour voir le problème et problème il y a. Une pièce est brisée. Pas moyen d'en avoir et le génie du mécano se met à l'oeuvre. Il répare. Il vérifie l'autre frein et finalement au bout de 2 heures de travail, tout est terminé. Je m'attends au choc de la facture, mais il ne me réclame que 180 pesos soit environ 17$. Nous serons sans inquiétude pour affronter les routes à venir.
14 décembre
Une nuit que nous avons passé au Pemex de Cuauthemoc, ville tout près de la frontière guatémaltèque. Le passage au Guatemala se fait à La Mesilla. Beaucoup d'améliorations par rapport à l'année 2005. Pas de difficulté pour identifier les endroits où se présenter. Tout est informatisé et 30 minutes plus tard, nous roulions vers Guatemala City.
Une chose à retenir. Le vendredi, c'est jour de marché et la rue principale de Cuauthemoc est fermée à la circulation. Le policier nous fait signe de prendre une rue secondaire, elle aussi encombrée par les marchands. Ce fut comme un pas de deux, avance, recule, tourne là, non par ici, enfin on avance, mais catastrophe légère heureusement, la caravane portée accroche des cordes qui soutiennent les étals. Hauts cris, mais sans agressivité, on se déprend et finalement, on arrive à la frontière. Il ne faut pas compter le temps comme les Nord-américains que nous sommes. La patience est une vertu à cultiver pour ce genre de voyage.
Nous nous rendons à Mixco, en banlieue de Guatemala City, pour rencontrer des Québécois qui font du bénévolat. La route pour y parvenir devrait être magnifique en 2008-2009, car une autoroute, une vraie, est en train de voir le jour.
Après avoir rencontré les amis québécois et s'être fait donner les consignes de sécurité, nous couchons dans la caravane portée stationnée en face de la maison. Vers trois heures du matin, bang ! Que se passe-t-il ? Bien réveillés, nous sortons ; les pattes de soutien de la caravane portée sont amochées, une voiture ou une camionnette nous a accrochés. Pas de dommage à la camionnette. L'accrocheur a laissé une aile, une moulure et de la vitre, mais n'a pas laissé sa carte de visite. Rien qui empêche de continuer notre voyage, mais coucher dans la rue, c'est fini.
17 décembre
Après deux jours passés à Suchitoto, au Salvador, nous reprenons la route pour entrer au Honduras. La sortie du Guatemala et l'entrée au Salvador se font rondement. Au Salvador, les procédures sont simples, mais il faut patienter sous un soleil de plomb. Une heure et quart plus tard, nous filons vers San Salvador et Suchitoto. La route est belle, on passe la capitale sans trop de problèmes et on arrive à Sucitoto pour se reposer et admirer un magnifique lac.
Il en fallait du repos pour traverser la terrible frontière d'El Amatillo pour entrer au Honduras. Nous avons constaté que sa réputation n'était pas surfaite. Il nous a pris trois heures trente pour s'en éloigner. Il faut zigzaguer d'un bureau à l'autre alors qu'ils ne sont pas identifiés. Comme on est assailli par les tramidatores, les guides, on se demande sérieusement s'il n'y a pas acoquinement avec les douaniers. Enfin ... Photocopie pour ceci et cela, retourner au bureau et le commis qui nous dit d'aller à un autre, désespérant. Peut-être utiliserons-nous un guide la prochaine fois.
Je pense que nous avons commis une grave erreur, car nous avons passé la frontière après dîner et ce n'est que vers 15:30 que nous pu reprendre la route. Comme la nuit tombe tôt, nous avons roulé à la noirceur et ce qui devait arriver arriva. Un trou, suffisamment important pour briser un tendeur de retenue de la caravane portée. Heureusement, pas de problème aux pneus. La leçon devrait porter. Un arrêt à Choluteca pour la nuit nous a permis de méditer sur les dangers des routes et à l'attention qu'il faut leur porter constamment.
18 décembre
Comme le Honduras, dans sa partie sud-ouest, n'est long à traverser, nous arrivons tôt à la douane du Nicaragua. Cette fois, nous utilisons les services d'un tramitador pour nous aider à sortir rapidement du Honduras, ben, moins d'une heure et délesté de 2$ US.
Nous constatons l'extrême pauvreté des gens, les enfants quémandent oun dollar. C'est triste. Il faut aussi faire face à plusieurs barrages policiers ; pas de mordida, mais il faut parlementer pour expliquer que nous sommes prudents, que nous respectons le code de la route, que nous ne roulons pas vite, on ne le pourrait pas de toute façon, que nous visitons le pays. Finalement, un sourire et on nous laisse partir.
De plus, il fait une chaleur torride. Nous dînons au restaurant et oubli important, je laisse la caméra dans la camionnette. Toute une erreur. Au retour, je veux prendre une photo, mais niet. La caméra ne répond pas. Catastrophe ! Il devait sûrement faire 40C dans la camionnette. J'imagine déjà les scénarios de remplacement. Enfin, beaucoup plus tard, je fais un nouvel essai et tout rentre dans l'ordre. Ouf !
19 décembre
Nous quittons le Centre aéré Xiloa en banlieue de Managua pour le Costa Rica. Les indications routières près de Managua et à Managua sont déficientes. Même si on demande trois fois la route à suivre, on se trompe et on fait une trentaine de kilomètres sur un mauvais chemin. On rebrousse et finalement après la quatrième demande, on roule vers la frontière.
L'arrivée à la frontière des Ticos est angoissante, un ruban de semi-remorques sur 3 km au moins attend. Une chance qu'un camionneur m'a fait signe de dépasser, sinon...
Les procédures sont relativement simples, mais pas vraiment d'identification des guichets. On demande.
Le dernier permis à obtenir, gratuit en plus, nous a fait suer. Il fallait trouver le bureau sis à environ 300 m. Et là, du monde en ligne avec un seul officier pour répondre à la demande. Deux heures plus tard, un autre employé s'est pointé pour que j'aie le droit de circuler sur les routes du Costa Rica. Une expérience de quatre heures au total. On ne s'attendait pas à cela à cette frontière. Pura vida !
22 décembre
Après quelques jours de repos, nous partons visiter le parc Rincón de la Vieja, le Coin de la Vieille. Il nous fallait faire 22 kilomètres et cela a pris une heure et quarante minutes. Heureusement, le parc est de toute beauté, le volcan a laissé des traces et cela est mis en valeur au profit des visiteurs. Le sentier nous laisse voir la flore très diversifiée et la faune que nous espérons voir, les coatis, les capucins à face blanche, les singes hurleurs et les oiseaux si beaux et si nombreux de même que les papillons.
De l'eau bouillonnante, de la boue grisâtre, des fumerolles et l'odeur de soufre nous rappellent constamment que nous sommes sur les flancs d'un volcan endormi. Une visite coup de coeur.
Nous avons même pu camper sur le terrain de stationnement du parc et avons connu ainsi les tourments du vent de la montagne.
27 décembre
Ayant tenté les jours précédents de voir le volcan Arenal, pluie diluvienne, nous nous retrouvons à San José pour y fêter Noël et visiter la capitale du Costa Rica. Pépin sur le camping : la pression d'eau étant très forte, une fuite d'eau s'est déclarée. Réparation d'urgence, tentative de trouver la pièce nécessaire, colmatage presque réussi, il faudra attendre pour trouver la pièce.
28 décembre
Le départ tant attendu pour notre destination ultime se fait sous les nuages et un peu de bruine. La route est relativement bien entretenue même quand nous montons à 3 500 mètres d'altitude. La température varie de 10° à 32° C. Qu'à cela ne tienne, le Panama nous attend.
Cette fois, nous utilisons les services d'un tramitador pour nous aider à franchir la frontière et Antonio, très efficace, nous coûtera 1 800 colones. Il fallut environ 30 minutes pour traverser cette dernière frontière.
Dans le pays où nous nous attendions le moins à nous faire demander une propina (pourboire) par un policier eh bien, la surprise fut totale à un barrage de la police douanière. Le refresco coûta environ 2$. Une cinquantaine de kilomètres plus loin, le même manège se répéta ; cette fois, je demandais au policier si c'était nécessaire. Même si la réponse fut négative, il insistait alors je lui dis que j'aurais une fort mauvaise image de son pays. Il tourna les talons, mécontent, mais sans rien toucher.
L'interaméricaine est très belle jusqu'à David.
29 décembre
Une date qui fera souvenir. De David, nous filons vers Santiago où nous irons dîner. La route généralement belle demande tout de même une surveillance, car des trous apparaissent ici et là.
Après dîner comme il fait très chaud, environ 35° C, je pars la climatisation, et là, le problème sous le capot. La courroie ne tient que par un fil, suffisant pour nous amener au garage de l'autre côté de la rue. Une explication visuelle satisfait le mécano. Il faut que je trouve moi-même la courroie et après 4 courses en taxi, je trouve la fameuse courroie plus étroite, mais de la bonne longueur. La poser a été l'affaire, tenez-vous bien, de cinq heures et demi et les coûts ont été de 15$. Le motel de l'autre côté de la route nous a accueillis pour la nuit.
30 décembre
Bienvenue à Santa Clara, le seul vrai camping du Panama. Le XS Memories est tenu par des Américains et offre tous les services y compris la piscine et le restaurant. Pas trop loin se trouvent les belles plages qui font la renommée de ce coin de pays et qui attirent notamment plusieurs Québécois. Ceux-ci élisent domicile ou louent pour des périodes prolongées.
31 décembre
Nous fêtons la nouvelle année entourée de deux Anglais vivant en France, d'une Suisse, d'un Belge et de leur fils qui se cherchent un domicile puisqu'ils ont décidé de vendre leur voilier. Sous la palapa, nous grignotons et palabrons sur nos expériences diverses. Enrichissant.
3 janvier
Le bout de la route nous attend : Panama City. Une ville très intéressante à visiter avec comme toile de fond le fameux canal qui permet de relier les océans Pacifique et Atlantique. L'autoroute nous y amène rapidement et nous aurons 8 560 km de plus à l'odomètre. La circulation se fait plus dense au fur et à mesure que nous approchons de la capitale.
Ce qui nous a étonnés, entre autres choses, est le faible tarif exigé par les chauffeurs de taxi étant donné que l'essence est plutôt chère. C'est une excellente manière de parcourir les différents sites touristiques de cette grande ville.
L'histoire du canal, des Français qui ont initié les travaux aux Américains qui les ont terminés, est fascinante et d'une ampleur insoupçonnée. Il faut rendre hommage aux hommes et aux femmes qui ont travaillé sur ce chantier avec les outils et machines du début du siècle.
Inutile de dire que Panama City comme le reste du pays est américanisé où le dollar est accepté comme si c'était la monnaie du pays. De toute façon, le Balboa est à parité avec le dollar US depuis 1934.
La côte caraïbe du Panama est le côté un peu plus sombre car la pauvreté est beaucoup plus visible. La culture des bananes n'est de toute évidence pas un facteur d'enrichissement. Plus nous roulons en direction du Costa Rica, moins c'est engageant. Enfin, nous aurons vu le Panama profond.
La nature est généreuse déployant une flore et une faune très diversifiées. Les ornithologues amateurs dont je suis font des rencontres dont les souvenirs resteront vivaces.
Pour les amateurs de plage, de surf ou de plongée, c'est un autre paradis tant sur la côte Pacifique que celle des Caraïbes.
7 janvier
Nous traversons la Cordillera de Talamanca sous la pluie ou la bruine. À quelques reprises toutefois, nous avons l'occasion d'admirer de magnifiques panoramas. La route est belle, mais tortueuse à souhait. Finalement, la plaine le long des Caraïbes nous laisse souffler. Ici, la culture des bananes prend toute la place ce qui est l'indice d'une région chaude et humide.
Avant d'arriver à Changuinola, nous devons franchir une rivière ; la particularité, c'est le pont des chemins de fer qui fait office de pont pour la circulation des véhicules. Les autos, camions, autobus, l'empruntent et roulent à l'extérieur des rails sur des madriers qui ne sont pas tous bien arrimés, ajoutez à cela la bruine et soyez assurés que cela rend nerveux.
Le lendemain, pour traverser au Costa Rica, même scénario. Un autre pont du même genre, un plus long, mais sous le soleil nous offre quelques émotions. Le passage aux frontières se fait rapidement. Le soleil est au rendez-vous et la plage de Painted Palms nous attend. Nous ne sommes pas déçus. Coup de coeur. Magnifique, tranquille et gratuit. Cette propriété d'Américains est très propre et offre en plus une restauration rapide.
Trois jours plus tard, nous visiterons le parc national Braulio Carrillo. C'est la forêt humide, sombre et toujours un peu inquiétante pour des novices tels que nous. Les sentiers sont bien aménagés, c'est une balade agréable.
Aerial tram rain forest demeure une manière très agréable de faire connaissance avec la canopée. Un autre Américain a eu cette brillante idée de construire ce téléphérique de plus d'un kilomètre à la hauteur du faîte des grands arbres. Un guide nous explique les mystères de la canopée. Des visites au sol avec guide nous montrent une faune et une flore différentes. Très intéressant.
17 janvier
Après avoir passé une semaine à San Antonio de Belén, tout près de San José, nous reprenons la route. Cette dernière semaine nous a permis de visiter le volcan Poas à 2 708 mètres d'altitude. La puissance de la nature impressionne. Ce parc, fort bien aménagé, se situe à environ 40 km de San José.
La culture du café nous a toujours intrigués. La coopérative Espiritu Santo nous en a dévoilé tous les secrets. Le guide Norman nous a expliqué toutes les étapes de cette culture, du semis à la torréfaction ; bien sûr, une dégustation s'imposait.
La route est belle, il fait beau et espérons voir les tortues luth pondre. Déception, pas de lune et surtout marée haute en soirée et une partie de la nuit. Ça nous laisse tout de même le temps de se promener sur une magnifique plage, de ramasser quelques coquillages et finalement rencontrer un Québécois. Il bien content de nous voir et surtout étonné qu'on soit rendu là avec notre caravane portée.
21 janvier
Pendant deux jours, Granada nous a permis de découvrir l'une des rares villes coloniales du Nicaragua. Mais avant d'y arriver, nous avons dû traverser la frontière du Nicaragua. Un cafouillis. En plus, plusieurs autobus avaient déversé leurs voyageurs. Les lignes d'attente étaient longues et compactes. Enfin, c'est le prix à payer à vouloir voyager avec un véhicule, car c'est lui qui bouffe le plus de temps à la douane.
Granada, sur les bords du lac Nicaragua, demeure une ville élégante facile à visiter à pied. C'est aussi une ville chargée d'histoire qui fut détruite et reconstruite à plusieurs reprises. Un de ses plus tristement célèbres résidants fut William Walker, flibustier américain. S'y promener et flâner nous permet de découvrir le Parque Central, sa cathédrale néo-classique, ses magnifiques maisons évidemment de style colonial, ses terrasses et la gentillesse de ses habitants. C'est à ne pas manquer.
Après une brève incursion à Masaya, nous nous dirigeons vers Las Peñitas. Une première crevaison en sept ans de voyage nous permet de rencontrer un pasteur baptiste qui, sur cette route déserte, est sûrement envoyé par le Grand Maître pour nous aider. La camionnette immobilisée sur le bas côté de la route demande deux crics pour la soulever suffisamment pour changer le pneu. Moins d'une heure plus tard, nous repartions sans avoir donné, et avec quel plaisir, un don pour les bonnes oeuvres de ce pasteur. Son sourire et celui de sa femme qui l'accompagnait nous ont fait chaud au coeur.
Las Peñitas se trouve sur le Pacifique. Une fois rendu, c'est très joli, car il faut être patient et prudent pour faire les vingt kilomètres sur une route en très mauvais état. Mais cette journée nous promettait une autre surprise, soit d'égratigner profondément la capucine de la caravane portée. Cependant, quand nous avons assisté au coucher de soleil, nous avons apprécié notre chance de voir cette merveille de la nature.
24 janvier
Compte tenu des réparations à faire sur la caravane portée, car il est impossible de l'enlever de la camionnette et surtout le fait que nous circulons avec une courroie de fortune, nous décidons de rayer de notre itinéraire les sites de Copan et de Tikal. Y aller nous obligerait à voyager en montagnes et nous croyons imprudent de s'y aventurer. Ce sera pour un autre voyage. Ainsi, nous longerons la côte du Pacifique, ce qui nous assure de rouler dans la plaine.
Nous traversons ainsi le Honduras et le Salvador sans aucun problème. Faire face aux services douaniers devient plus facile, mais aussi moins compliqué.
25 janvier
En quarante-cinq minutes, nous traversons les postes frontière du Salvador et du Guatemala. Quel plaisir! La route au Guatemala est toujours belle, pas trop de circulation et finalement, nous aboutissons à Mezatenango. La Posada del Sol nous offre un beau petit motel et surtout un immense terrain avec quantité de fleurs et d'arbres. L'endroit idéal pour l'observation des oiseaux qui ne se font pas prier pour poser. Une belle fin de journée.
26 janvier
Et voilà, une demi-heure pour en finir avec les douanes, nous roulons en direction de Tapachula au Mexique où c'est un délice de siroter un bon capucino.
Puis, nous prenons l'autoroute 200 où il n'y a aucun péage. Il y a un camping à l'arrière d'un hôtel à Arriaga. C'est notre destination, mais il faut bien manger ce que nous faisons à un arrêt routier où on offre un buffet. Il n'y a personne.
C'est le lendemain que nous comprendrons pourquoi . Il ne faut jamais baisser sa garde alimentaire. Une intoxication nous gardera au lit 28 heures en deux jours. Heureusement, nous avions les médicaments. Et malgré tout chanceux, car nous étions campés sous un arbre immense projetant son ombrage bienfaisant et comme Arriaga est une région venteuse, nous n'avons pas souffert de la chaleur. C'était la première fois que nous étions malades en voyage et espérons la dernière.
29 janvier
C'est par la route 190 que nous arriverons à Oaxaca, notre ville coup de coeur. Nous nous installerons au camping de San Felipe del Agua pour probablement les trois prochains mois.
Beaucoup de choses nous occuperont dont les réparations à la caravane portée, au camion, à éditer un nouveau roman, mais aussi prendre le temps de vivre au rythme d'une météo très généreuse et de faire le point sur notre dernière virée.
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